Intervention d'Edith CRESSON à la Conférence de lancement du programme européen Leonardo da Vinci sur la formation professionnelle

Tours, le 3 mars 1995 Ref : SPEECH/95/21 (Rapid)


Messieurs les Ministres, Messieurs les Présidents,
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames, Messieurs,

Il est heureux que la France qui assume la Présidence de  la Communauté ait
pris  l'initiative  d'organiser, ici,  à  Tours,  avec  le  concours de  la
Commission Européenne, le lancement du programme LEONARDO.

Les  Institutions de  la Communauté  ont  élaboré un  cadre  et ont  dégagé
d'importants financements  pour développer la formation  professionnelle en
Europe.

Mais après  les discussions, les compromis  et les votes à  Bruxelles,   il
faut populariser ce  programme dans chaque  pays, en faire  une réussite.  
Cela passe  par un effort  d'explication concret aux  intéressés de ce  que
l'Europe peut leur apporter.

Sachez qu' une  des meilleures brochures  de présentation  de LEONARDO,  en
tout cas la plus compréhensible  pour moi , est  celle  du Conseil Régional
des Pays de la  Loire, sous l'égide d'Olivier GUICHARD.    J'ai demandé que
les services de  la Commission s'inspirent de  cet exemple de diffusion  de
l'information.

Permettez-moi, Monsieur GIRAUD,  de vous remercier  de me donner l'occasion
de faire, aujourd'hui  à Tours, ma  première intervention  publique sur  la
formation dans mes fonctions de  Commissaire européen.  Vous  savez combien
cette question  m'est chère.   J'en avais   fait une priorité de mon action
politique en tant que Premier Ministre.

A nouveau, aujourd'hui,  je voudrais souligner  à quel  point la  formation
demeure  un enjeu essentiel pour l'avenir de nos sociétés.

Depuis deux jours vous  avez débattu de la façon dont pourrait  être mis en
oeuvre le programme LEONARDO.

Que puis-je ajouter à vos débats?

- Je voudrais, d'abord,  vous livrer quelques réflexions  sur le  contexte
  social et politique dans lequel s'inscrit le programme LEONARDO. 

- Ensuite,  je préciserai  ce  qui  fait la  spécificité de  la  dimension
  européenne dans  ce  domaine: la   valeur  ajoutée qu'elle  apporte  aux
  actions nationales, régionales, locales.

- Je  terminerai, enfin,   avec  quelques suggestions  concrètes, quelques
  pistes  pour  de nouvelles  actions  possibles à  entreprendre  pour  la
  formation, au-delà de la mise en oeuvre d'un programme communautaire.

L'action de la Communauté ne  se réduit pas  à la distribution  de soutiens
financiers. Elle  a pour mission  de proposer des actions  communes.  Cette
mission, je  la  prends particulièrement  à  coeur dans  ce secteur  de  la
formation professionnelle  qui conditionne à la fois l'avenir des individus
et notre compétitivité, donc notre capacité à générer des emplois.

1. Le contexte social et politique

Le  contexte  social  et  politique   dans  lequel  s'inscrit  l'initiative
LEONARDO   est  celui du  chômage  et des  moyens  mis  en oeuvre  pour  le
réduire.    Le  chômage  touche   en  particulier  les  jeunes.    Dans  la
Communauté,  20% des moins de 25 ans non scolarisés sont sans emploi. 

La  reprise économique ne  constitue pas une  réponse   suffisante. Il faut
aussi, face  à  une concurrence  internationale  très vive,  développer  la
compétitivité  de nos  entreprises, notamment  dans  les secteurs  porteurs
d'avenir, et donc  associer:  innovation, stratégie industrielle et analyse
des évolutions sociales.

A  cette fin,  le  Livre  Blanc  sur  "la  croissance,  la  compétivité  et
l'emploi" lancé par  Jacques DELORS et  approuvé par  le Conseil  Européen,
met l'accent sur les deux éléments de l'investissement immatériel:

- la recherche ;

- la formation.

Il est  symptomatique que ces  deux domaines d'action  se trouvent associés
dans mon  portefeuille à  la Commission,  mais aussi  dans plusieurs  Etats
membres. Ainsi,   au sein du nouveau gouvernement allemand, le regroupement
de ces deux responsabilités est connu sous le nom de Ministère de  l'Avenir
"Zukunftsministerium".

Comment utiliser la formation dans la lutte contre le chômage?

Il faut ,  je crois, partir d'un constat simple.    Il ne doit pas  y avoir
de solution de continuité dans le parcours d'une vie.

Tout le monde ne peut évoluer dans  sa vie professionnelle de la même façon
.  Quelle  que soit l'origine  sociale, l'éducation de départ,  chacun doit
pouvoir  saisir toutes  les occasions  qui lui  permettront d'améliorer  sa
place dans la société et favoriser son épanouissement.

C'est  notamment  vrai pour  les plus  défavorisés qui  n'ont pas  le cadre
familial et social  qui leur  permet de profiter  de la formation  générale
dispensée à l'école.  Il  faut qu'ils puissent bénéficier  de possibilités,
non pas seulement  de rattrapage, mais d'accès à de nouvelles connaissances
qui leur permettront ensuite de mieux révéler leurs capacités.

On a pu  ainsi constater que les  jeunes qui n'accrochent pas  aux systèmes
classiques  de formation,  retrouvent une chance  de se former, d'apprendre
un métier, grâce aux nouvelles technologies.

Lors  du G7,  le Secrétaire  américain au  commerce Georges  BROWN,  nous a
expliqué qu'à HARLEM, des jeunes  noirs,  qui semblaient inaptes au système
de  formation classique, ont redécouvert le  chemin de l'école  lorsqu'on a
mis  à leur disposition  des ordinateurs  et   des formateurs. Ils  se sont
alors  éveillés à   l'interactivité par  contraste avec  l'attitude passive
qu'ils adoptaient dans l'enseignement classique.

En Europe,   nos  systèmes   d'éducation et de  formation ont trop  souvent
pour effet de  tracer une  fois pour toutes  le parcours professionnel  des
jeunes.  Il  y a  trop de rigidités,  trop de cloisons  entre les  systèmes
d'éducation  et  de formation,  pas  assez  de  passerelles,  pas assez  de
possibilités de saisir de nouveaux modes d'enseignement.

Je  me souviens des  difficultés que j'ai rencontrées  en France pour faire
adopter  et  surtout  faire  appliquer  un  programme  permettant  à    des
techniciens, après  une formation  appropriée, de  devenir des  ingénieurs.
Que  de  problèmes pour  la  reconnaissance de  leurs    nouveaux   titres!
Pourtant on  le  sait,  la  France  forme  moitié  moins  d'ingénieurs  que
l'Allemagne.

Mais  si  les   blocages  restent  forts  en  France,  toute  l'Europe  est
concernée. Même  des pays  qui ont,  aujourd'hui, une  grande avance  comme
l'Allemagne en  matière d'apprentissage,  connaissent des  rigidités.   Les
passages  entre  catégories  de  qualifications,   entre  fonctions,  entre
secteurs, entre  entreprises se font difficilement. 

Il est donc  impératif, comme cela est  au coeur du programme  LEONARDO, de
généraliser  la continuité de  la formation  tout au  long de la  vie. Cela
doit être un  objectif politique inspirant les politiques nationales et non
pas seulement un modèle pour quelques expériences isolées.

Ce doit être  aussi un objectif européen  car nous avons  un  autre atout :
l'enrichissement de la  qualification par la circulation dans  l'espace, au
travers des cultures qui sont si riches et diverses en Europe.

Je  voudrais insister  sur  un point.   La  formation  ne peut  être conçue
seulement  comme  un moyen  de  fournir  une  main  d'oeuvre qualifiée  aux
entreprises.    La finalité  première est de  donner une  chance - qui  est
souvent un  emploi - à  tous ceux  qui n'ont pu  réussir dans les  systèmes
traditionnels d'éducation. 

Les entreprises  doivent mieux comprendre  cette finalité.    Certaines ont
fait des efforts considérables pour  reconvertir leur personnel face  à des
innovations technologiques.   D'autres ne le font pas,   et jettent dans la
rue des ouvriers dont la  disponibilité à la formation est évidente.

Avec les moyens  modestes de LEONARDO, j'entends favoriser la continuité de
la formation, lutter  contre les ruptures qui déchirent notre tissu social.
J'encouragerai  tous  les efforts  en  ce  sens,  en  diffusant les  bonnes
pratiques existantes.   Par exemple  , en  créant un  prix de  reconversion
professionnelle pour les entreprises.

J'en viens ainsi à la dimension européenne de la formation.

2. La dimension européenne de la formation

Le Traité sur  l'Union Européenne attribue  des compétences à la Communauté
en matière d'éducation et  de formation. Mais il indique, et  c'est cela la
subsidiarité, que c'est au niveau  national qu'il  faut,  pour l'essentiel,
légiférer et réglementer.   La Communauté intervient en soutien des actions
nationales  et directement si  elle peut mieux  faire que  les actions déjà
existantes.

Quelle  peut être  la  valeur  ajoutée   de  la  Communauté en  matière  de
formation par rapport aux actions nationales?

Certes, nous pouvons dans  ce domaine, comme en matière de  recherche et de
développement technologique,  stimuler la coopération et les échanges.

Mais  je crois  que l'échelle européenne permet d'abord de  mieux poser les
termes des problèmes,  d'élargir la  dimension du  débat et  de relever  le
niveau de consultation.

Le débat est plus fécond,  plus concret, moins idéologique  et corporatiste
lorsque le point de vue des acteurs économiques et  des partenaires sociaux
s'exprime  sur   une  base  européenne.  En   effet,  pouvoir  écouter  les
expériences des  pays  voisins permet  de  prendre  du champ,  d'avoir  une
vision plus large, de se remettre en question.

Aucune initiative européenne -  et LEONARDO en est un exemple - n'est prise
sans  consultation permanente des organisations patronales et  syndicales. 
Le dialogue   social est une réalité et  non un rite parce qu'il a démontré
son efficacité et son utilité.

Et je salue ici  la participation active à ce colloque  de représentants de
l'UNICE et  de   la Confédération Européenne  des Syndicats qui  sont aussi
associés à la gestion du programme LEONARDO.

Mais  la Communauté  est  aussi un  endroit  privilégié pour  construire la
société de  la connaissance de demain.    Nous  sommes en train en effet de
découvrir  que  la fameuse  société  de  l'information   est  d'abord   une
société de la  formation.

La Commission a  pour ambition de démocratiser la société de l'information.
D'abord en facilitant  l'accès aux outils de cette société.   Ensuite,   en
facilitant la circulation  des connaissances.    Enfin,  en développant  la
circulation des personnes qui veulent apprendre.

Au Parlement   européen,  le  Président de  la région  voisine -  celle  du
Poitou-Charentes -  Jean-Pierre RAFFARIN -  demandait ce que la  Communauté
entendait faire  pour mettre  les technologies de  l'information au service
de la formation.

Je peux lui dire  aujourd'hui qu'un des principaux enseignements du G7  sur
la société de l'information, qui  s'est réuni samedi et  dimanche derniers,
est que  l'Europe  se  doit  de  développer  une  industrie  de  programmes
multimedia.    En  particulier de  logiciels de  formation et  d'éducation,
sous peine  d'en  laisser  le  monopole  aux    producteurs  américains  et
japonais.

Avec  mon collègue Martin BANGEMANN, Commissaire à l'industrie, nous allons
faire des  propositions concrètes. Nous  avons  décidé  de faire travailler
ensemble  les  différents services  de  la  Commission pour  promouvoir  le
développement de logiciels  éducatifs européens.  Nous le ferons en liaison
étroite  avec  les entreprises  de  producteurs,  souvent  des  PME, et  en
regroupant les talents en matière de création.

La société de  l'information ne doit pas  pour autant remettre en  cause la
mobilité  des   personnes  qui   jouent  un  rôle   irremplaçable  pour  la
circulation des connaissances.   Elle est  indispensable pour acquérir  des
qualifications, de la  distance, un regard neuf  sur la vie et  la maîtrise
d'une nouvelle langue.

3. Idées  concrètes 

Je voudrais enfin  lancer trois idées  concrètes.

La  première  serait  de  mettre  en place  un  système  de  validation des
compétences au  niveau européen   en  dehors des  cursus classiques.     On
touche ici à une question qui me paraît fondamentale

Quel est le besoin à satisfaire?

Disposer  de  compétences  générales  et  professionnelles sanctionnées  de
façon incontestable et reconnues par l'entreprise.

Sanctionnées comment ?

Il ne doit  plus être obligatoire  que cette  sanction passe  exclusivement
par un  diplôme.    Dans  la société  de la  connaissance, les  compétences
acquises  hors  du  système  formel  d'enseignement  doivent  pouvoir  être
également reconnues.

Par qui?

Par ceux qui seront appelés à les utiliser, ou par des organismes  agissant
en leur nom:  les branches professionnelles ou  euro-chambres, c'est-à-dire
des associations européennes  de chambres de commerce et d'industrie.

L'idée de base est:
- Premièrement,  identifier un  certain nombre  de savoirs biens  définis,
  généraux ou  plus professionnels (mathématiques, informatique,  langues,
  comptabilité, finance, gestion etc...)

- Deuxièmement,  concevoir des  systèmes de validation pour  chacun de ces
  savoirs (une sorte de carte à points mesurant chacun de ces savoirs )

- Troisièmement,  offrir  des  nouveaux   moyens,  plus    souples,     de
  reconnaissance des  compétences.

Un  système  de  ce type  permettrait  d'introduire  davantage  d'autonomie
individuelle  dans la construction d'une qualification.   Il  redonnera  le
goût de  la formation  à ceux qui  ne veulent ou  ne peuvent  pas s'insérer
dans un système d'enseignement classique.

Si nous arrivons à mettre en  place sur une base par définition  volontaire
ce système d'accréditation des  compétences au niveau européen, nous aurons
probablement fait un grand pas vers la société de la connaissance.

La deuxième  idée concrète  est de  promouvoir   l'apprentissage au  niveau
européen.

L'idée s'impose assez naturellement:  l'apprentissage est une formule  bien
rodée qui donne  des résultats   convaincants en  termes d'emplois.     Par
ailleurs, une  expérience  certaine  a  été  accumulée  sur  ce  plan  dans
plusieurs  pays  européens  et  même  au  niveau  communautaire,  de  façon
modeste, avec le programme SESAM.

Concrètement SESAM donne  la possibilité d'effectuer une formation dans une
entreprise dans  un autre Etat  membre aux titulaires  d'un premier diplôme
de formation professionnelle.  
Vous savez  que l'apprentissage consiste à  donner un contrat de  travail à
un jeune qui  occupe une  véritable fonction dans  l'entreprise.    Il  s'y
forme  professionnellement  en  suivant  en  alternance  des  enseignements
fondamentaux.

La difficulté, bien entendu,  est de  mettre cette idée  en oeuvre dans  un
contexte de mobilité européenne.

Les chefs d'entreprises savent bien  qu'engager des jeunes ayant  bénéficié
d'une formation dans  d'autres pays est un  plus pour leur compétitivité.  
Cela leur  procure des relais sur les marchés  des autres pays, leur permet
de disposer d'une main d'oeuvre plus  mobile, bien formée à  la  culture de
leur  entreprise  et facilite  les  rapports  avec  les autres  entreprises
européennes.

Souvenons-nous de  cette belle tradition  du  compagnonnage   qui, renovée,
permettrait d'offrir à de nombreux jeunes une ouverture sur le monde et  un
bagage de qualifications professionnelles.

Un effort tout  particulier est à faire   au niveau des tuteurs  ou maîtres
d'apprentissage qui sont la clé de la réussite des parcours d'apprentis.

De  même, un contrat d'apprenti européen est à étudier avec les partenaires
sociaux.

Enfin,  troisième suggestion,    mettre en  oeuvre  au niveau  européen les
"écoles de la seconde chance"  .  L'idée   est  simple:  offrir aux  jeunes
exclus  du  système  éducatif les  meilleures  formations  et  le  meilleur
encadrement pour leur redonner confiance en eux.

J'avais suggéré,  sans beaucoup  de succès  en 1991,  que l'on  systématise
l'inégalité compensatrice dans  les écoles de  certaines banlieues.     Que
l'on y  envoie des  professeurs qualifiés  et non  des maîtres  auxiliaires
débutants, que  l'on y  dédouble systématiquement les  classes au-dessus de
20 élèves  que  l'on  multiplie  les  échanges  entre  classes  de  régions
différentes.

La  suggestion  de l'appliquer  au niveau  européen peut  paraître étrange.
Comment des  jeunes marginalisés  dans leur  propre société  pourraient-ils
tirer profit de séjours dans un  univers culturel différent ?    Parce que 
le dépaysement peut  jouer ici comme un puissant moyen de re-socialisation.
D'ailleurs,  nous le  constatons à  travers  certaines expériences  pilotes
menées au titre du programme  "Jeunesse pour l'Europe" auquel  le Parlement
européen,  est,  avec raison,  très attaché.

Dans  chacune  de  ces  trois  suggestions   la  dimension  européenne  est
pertinente.  Elle   ne permet pas  seulement de changer  d'échelle.    Elle
permet de faire quelque chose de vraiment nouveau.

En  effet, pour rester  compétitive dans  la future société  mondiale de la
connaissance,  l'Europe  ne  manque  pas  d'atouts.     Elle  dispose  d'un
potentiel  scientifique et  technologique de  grande  valeur, qu'elle  doit
mobiliser en s'appuyant sur une ressource humaine toujours plus qualifiée.

                    *****

Enfin,  je voudrais  vous livrer une dernière réflexion.   Léonard de Vinci
vivait  à  l'époque  de la  Renaissance,  à  une  époque de  l'histoire  de
l'Europe  où   les  Etats-Nations  n'avaient   pas  encore  découpé   notre
continent.     Autodictate,  il  apprenait  la  peinture  à  Florence  dans
l'atelier d'Andréa del  Verrochio, confortait son sens de la perspective et
ses dons pour la  mécanique.  Nul ne  sait comment son esquisse  fameuse de
l'hélicoptère  a  pris corps  dans  un  imaginaire  curieux   où  la  vraie
libellule  cotôyait  la  toupie  chinoise.   Il  a  vécu  en  Italie, il  a
travaillé  ici même   à la Cour des  Rois  de France.    C'était une époque
où  la France empruntait à  l'Italie non seulement  des artistes mais aussi
des ministres et même un premier ministre.   Et que je sache,  ce transfert
de technologie n'a pu qu'enrichir  l'histoire de France et de l'Europe.

A  l'époque,  l'important  n'était   pas  d'invoquer  un  diplôme   sur  un
parchemin.     Ces  hommes  tentaient  de  développer  leurs  savoirs  dans
plusieurs  pays, dans des  cultures et des  disciplines différentes.    Ils
étaient jugés  sur l'usage que l'on  en faisait.    A la veille  du XXI ème
siècle, voilà  des caractéristiques  qui me  paraissent à  coup sûr  devoir
être  remises   à  l'honneur  pour   redonner  son  sens   à  la  formation
professionnelle.


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