Speech by Mrs. Edith CRESSON at the 9th european conference of EUCEN (European University Continuing Education Network)

29Mar96 in Nantes - Ref : SPEECH/96/76 (Rapid)

Messieurs les Présidents,

Monsieur le Recteur,

Mesdames, Messieurs,

c'est avec grand plaisir que j'ai accepté de participer à cette conférence. Et je voudrais d'abord souligner, non seulement l'intérêt que représentent pour moi ces journées de réflexion et d'échanges, mais aussi, plus généralement, le prix que j'attache à la raison d'être de l'EUCEN, à la qualité du travail qui s'y accomplit comme à son caractère résolument européen.Avant d'aborder, comme cela m'a été suggéré, la présentation du Livre blanc de la Commission sur l'éducation et la formation, ainsi que l'action communautaire en matière de multimédias éducatifs et d'écoles de la deuxième chance, je voudrais brièvement situer quels sont les grands enjeux de l'éducation pour l'avenir de l'Europe.

I. L'éducation et l'Europe

L'éducation, nous le savons tous, est l'une des préoccupations majeures des Européens. Cela n'a rien pour surprendre.Depuis des siècles, la formation est considérée sur notre continent, à juste titre, comme un facteur primordial d'épanouissement personnel et de progrès social. Quand à la corrélation entre éducation et emploi, elle n'a cessé de se renforcer au fil du temps, tout particulièrement au cours de ces dernières années. En 1994, le chômage frappait en Europe 11% des personnes actives sans formation secondaire, 8% des actifs ayant reçu une telle formation, et seulement 5% des titulaires d'un diplôme universitaire.

La demande de formation ne cesse d'augmenter. Il faut y répondre. C'est d'ailleurs une nécessité économique.L'Europe est riche avant tout de ses ressources humaines: comme l'a dit l'historien Jacques Le Goff, "la première matière première de l'Europe est sans doute la matière grise".C'est sur le terrain de la capacité d'innovation, de la qualification et de la qualité du travail qu'elle peut faire face à une concurrence internationale de plus en plus féroce, tout en préservant le modèle social qui est le sien. La formation est la clé de notre compétitivité, et donc de l'emploi.L'Europe doit donc investir dans l'éducation pour élever le niveau général de formation et de qualification de ses citoyens et de l'ensemble des actifs, par l'enseignement initial et l'encouragement de la formation permanente.Cet investissement immatériel doit aussi permettre de faire face aux grandes tendances de l'évolution du marché de l'emploi:

A cette nécessité économique correspond un impératif social. L'exclusion s'est étendue en Europe au cours des dernières années. Il n'est pas nécessaire de revenir longuement sur les conséquences de cette situation, que chacun peut mesurer. La société européenne doit prendre la pleine mesure du problème.

L'exclusion sociale peut être combattue sur deux fronts:

Là encore, l'éducation et la formation ont un rôle central à jouer. L'élévation d'ensemble du niveau d'éducation, sur la base d'un socle solide de culture générale, est en elle-même un facteur de prévention de l'exclusion. Au delà, il apparaît nettement qu'un effort particulier doit être fait en direction des populations les plus fragiles, notamment dans les secteurs urbains les plus frappés par le chômage.Dans l'ensemble des pays de l'Union européenne, les acteurs de l'éducation et de la formation sont confrontés aux mêmes problèmes et s'attachent à leur apporter des réponses.

II. Le Livre blanc

Sur la base de la confrontation des ces réponses nationales, comme de l'expérience acquise à travers les programmes communautaires, la Commission européenne a voulu aborder sa contribution au débat sur l'éducation. Un tel débat trouve tout naturellement sa place en cette année 1996, consacrée Année européenne de l'éducation et de la formation tout au long de la vie par le Conseil et le Parlement européen.

Il ne s'agit évidemment pas pour la Commission de s'ingérer dans ce qui relève de la compétence des autorités publiques responsables, conformémént au principe de subsidiarité. C'est donc un document de réflexion et de proposition, qui n'a pas la prétention d'édicter un modèle ou des solutions toutes faites.

La réflexion du Livre blanc part délibérément de la situation du citoyen européen, partout confronté au problème de son adaptation à l'évolution du travail et au changement social.

Les grandes mutations qui ont lieu actuellement, et qui ne vont que s'intensifier dans les années qui viennent, ne font que rendre plus impérieuse cette nécessité d'adaptation.

La mondialisation des échanges est en cours. Elle est déjà acquise en ce qui concerne les mouvements de capitaux, qui se font en temps réel d'un bout à l'autre de la planète. Elle va toucher de plus en plus de secteurs d'activités, à commencer par les services.

Cette évolution est bien évidemment accélérée par le développement des nouvelles technologies de l'information, dont nous ne pouvons pas encore mesurer les conséquences sur l'organisation et le contenu du travail, tout en sachant simplement qu'elles seront à coup sûr très profondes. Enfin, l'accélération du progrès scientifique et technique ne manque pas de poser aujourd'hui, plus encore qu'hier, la question de l'obsolescence des connaissances acquises à travers la formation initiale. Elle soulève un autre problème: celui de la capacité de jugement et de choix dans des domaines complexes et soulevant des questions d'éthique très lourdes, autrement dit celui de l'exercice de la citoyenneté.

Ces transformations très profondes de notre environnement économique et social placent l'éducation dans un contexte très différent de ce qu'il a pu être par le passé.

Nos sociétés sont fortement marquées par une coneption de la vie séparée en trois âges distincts: celui de l'éducation, celui du travail, celui de la retraite. La formation permanente n'est pas une idée neuve, puisque Condorcet en défendait le principe voici deux siècles, mais c'est une réalité récente et encore faible. 7% seulement des salariés européens bénéficient ainsi chaque année d'une action de formation, et cette pratique touche essentiellement les grands groupes et les salariés déjà les plus qualifiés au départ.

Les grandes mutations que je viens d'évoquer, comme le vieillissement de notre population active, rendent pourtant indispensable un changement radical de notre vision de la formation.

L'ambition que nous devons avoir est de donner à chacun la possibilité, mais aussi le goût, de continuer à se former, de renouveler et d'élargir ses connaissances, tout au long de son existence, dans tous les lieux de formation, de l'école à l'entreprise, ou par ses propres moyens. C'est ainsi que pourra être mise en échec cette exclusion par le savoir qui est la plus difficile à réduire.

Dans ce but, quelles voies méritent-elles d'être explorées ? La Commission a fait dans ce but des recommandations, assorties de propositions de travail ou de concertation à l'intérieur de l'Union.Ces recommandations visent cinq grands objectifs.

1) Encourager l'acquisition de connaissances nouvelles

Dans cette perspective, la Commission invite tout d'abord à réfléchir à des modes nouveaux de reconnaissance des compétences ne passant pas nécessairement par un diplôme et permettant de valider les connaissances acquises au delà de la formation initiale.

Au niveau européen, le Livre blanc propose de se concerter sur le développement de systèmes d'accréditation des compétences techniques et professionnelles, en s'appuyant sur des réseaux européens de centres de recherche et de centres de formation professionnelle, d'entreprises, de branches professionnelles. Le Livre blanc veut ensuite faciliter la mobilité des étudiants. La Commission propose d'autoriser tout étudiant ayant obtenu une bourse d'études dans son propre pays à s'en servir pour suivre des cours dans un établissement supérieur d'un Etat membre s'il le souhaite. Elle donne également pour objectif de généraliser la reconnaissance mutuelle des "unités de valeur" d'enseignement, c'est à dire des différents savoirs qui composent un diplôme.

Elle proposera enfin d'éliminer les obstacles administratifs, juridiques et liés à la protection sociale qui freinent les échanges d'étudiants, de personnes en formation, d'enseignants et de chercheurs.Il s'agit bien de permettre que les jeunes et les citoyens circulent aussi facilement à l'intérieur de l'Union que les marchandises et les capitaux, ce qui n'est pas le cas actuellement.

2) Rapprocher l'école de l'entreprise

Elever ou renforcer les passerelles entre école et entreprise ne peut être que bénéfique, pour l'une comme pour l'autre, et de nature à renforcer l'égalité des chances devant l'emploi. Pour l'école, prise au sens large, du primaire au supérieur, il s'agit d'obtenir une meilleure adéquation entre les formations dispensées et les possibilités d'emploi. Pour l'entreprise, l'enjeu est de pouvoir compter sur des travailleurs dotés à la fois de qualifications techniques et de bases de culture générale, de capacités d'autonomie et d'évolution.

Cela ne signifie absolument pas réduire le rôle de l'école à une fonction utilitaire, alors que ses missions d'épanouissement de l'individu et d'intégration sociale demeurent essentielles.

Du reste, la reconnaissance de l'entreprise comme lieu de formation n'est pas sans lui créer des devoirs.

L'un de ces devoirs est l'implication de l'entreprise dans la formation des jeunes. La formation ne peut être conçue seulement comme un moyen de fournir une main d'oeuvre qualifiée aux entreprises; celles-ci ont elles- même une responsabilité, notamment pour donner une chance à tous ceux qui n'ont pu réussir dans les systèmes traditionnels d'éducation. Le renforcement des liens entre éducation et entreprise passe d'abord par le développement de l'apprentissage.

C'est pourquoi le Livre blanc propose de mettre en réseaux les centres d'apprentissage entre différents pays européens, d'aider à la mobilité des apprentis dans le cadre d'un programme de type "Erasmus", et de mettre en place un statut européen de l'apprenti.

3) Lutter contre l'exclusion

Le Livre blanc recommande que soient développés des dispositifs d'insertion par la formation, fondés notamment sur des discriminations positives faisant porter un effort particulier sur les jeunes des quartiers défavorisés. Un soutien sera apporté à des projets pilotes d'écoles de la deuxième chance, visant à réinsérer dans un circuit de formation des jeunes ayant quitté l'école sans diplôme ou qualification. Je reviendrai sur ce sujet dans queques instants.

4) Maîtriser trois langues communautaires

L'apprentissage de de plusieurs langues est, comme l'ont montré des travaux récents, un facteur précieux de stimulation de l'éveil et de l'agilité intellectuelle. Le plurilinguisme est également devenu aujourd'hui un atout considérable pour l'emploi.C'est également une condition de la mobilité à l'intérieur de l'Union européenne et, bien évidemment, un élément essentiel de l'identité et de la citoyenneté européennes.C'est pourquoi le Livre blanc propose de définir un label de qualité "Classes européennes" qui serait attribué, selon un certain nombre de critères, aux écoles ayant le mieux développé l'apprentissage des langues. Les établissements ayant obtenu ce label seraient mis en réseau. Par ailleurs serait systématiquement encouragé la mobilité des professeurs de langue maternelle dans les établissements d'autres pays.

5) Assurer l'égalité de traitement entre l'investissement physique et l'investissement en formation

Elever l'éducation et la formation au rang de priorité pour la compétitivité et l'emploi implique d'encourager, par des mesures concrètes, les entreprises et les individus ayant consenti de gros efforts en faveur de cet investissement "immatériel".

La Commission propose donc qu'une concertation s'engage sur le traitement fiscal et comptable des dépenses destinées à la formation. Parallèlement, pourraient être développées des formules de "plans d'épargne formation" au bénéfice de personnes désireuses de renouveler leurs connaissances, ou de reprendre une formation après avoir interrompu leurs études.

A travers toutes ces propositions, brièvement résumées, il s'agit de faire de la formation un processus permanent et reconnu comme tel par la société. Ces idées vous auront sans doute paru familières. Formation à distance, autoformation, multimédias éducatifs, association universités/entreprises sont autant de moyens et d'instruments développés par les partenaires de l'EUCEN. Et je profite de cette occasion pour souligner le caractère novateur de ces programmes et de ces pratiques.J'y vois autant de signes encourageants qui montrent que nos systèmes éducatifs évoluent, au service du public, c'est à dire des citoyens. J'ai noté en particulier l'engagement résolu du réseau de l'EUCEN, et en particulier de l'Université de Nantes, qui nous accueille aujourd'hui, dans le développement d'outils multimédias de formation à distance. Cela me donne l'occasion, avant de conclure sur une présentation de l'école de la deuxième chance, d'évoquer l'initiative communautaire pour la recherche sur le logiciel éducatif multimédias.

III. Le logiciel éducatif multimédias

Vous le savez aussi bien que moi, les nouvelles technologies de l'information ouvrent en matière de formation des perspectives nouvelles, même s'il faut se garder de les mythifier. Ces possibilités sont notamment considérables en appui de l'enseignement classique et pour l'autoformation. Elles sont également bien réelles pour des publics qui nécessitent des approches pédagogiques différentes, comme les jeunes des milieux défavorisés dont l'accès à l'écrit est parfois malaisé, et le rapport à l'autorité enseignante généralement difficile.Encore faut-il que l'Europe soit dotée des équipements et surtout des contenus pédagogiques nécessaires.

1) La démarche

On parle beaucoup des "tuyaux" de la société de l'information et l'attention s'est longtemps concentrée sur cette dimension de la question. Le "contenu", c'est à dire les informations et les connaissances qui circulent à travers ces infrastructures et qui font l'objet de ces services, est tout aussi important que le contenant, sinon plus.

Nous avons besoin de logiciels éducatifs multimédias adaptés à nos principes d'éducation, à nos cultures. L'enjeu est de permettre aux Européens de se former dans leurs langues et suivant les modes de pensée qui leur sont propres, et non suivant des standards importés d'ailleurs. Les efforts de l'Europe dans ce domaine sont encore trop dispersés, sur un marché très fragmenté. Il est ainsi difficile d'atteindre la masse critique nécessaire pour rentabiliser des produits compétitifs face à la concurrence, américaine notamment.

C'est pourquoi mon collègue Martin Bangemann et moi-même avons mis sur pied un groupe de travail réunissant chercheurs, enseignants et industriels, ce que l'on appelle une task force dans le jargon communautaire, sur le logiciel éducatif multimédias.

A partir d'une analyse de la situation et des besoins, cette Task Force doit contribuer à développer la coopération entre chercheurs, utilisateurs et industriels.

2) Les champs de recherche

Le rapport intermédiaire de la task force montre que l'industrie européenne du multimédia est bien consciente de la nécessité pour elle de se placer sur les futurs marchés du multimédia éducatif, et qu'elle est prête à renforcer ses efforts de recherche en ce domaine.

Cette recherche coopérative européenne, fondée sur le partenariat entre fournisseurs et utilisateurs devrait permettre d'aboutir, à moyen terme, à la définition commune de standards de qualité pour les nouveaux systèmes multimédias d'éducation et de formation. Elle devrait aussi faciliter la coordination des activités menées au sein des Etats membres, stimuler la coopération et la diffusion de résultats entre partenaires européens, et permettre le partage des risques inhérents à la recherche. Les activités de recherche, de développement technologique et de démonstration vont être concentrées sur deux objectifs :

Des travaux complémentaires vont être entrepris de manière à renforcer les services expérimentaux innovants. Ces nouveaux services seront basés sur des contenus multimédias hauts de gamme et accessibles "off line" ou "en ligne" par des réseaux télématiques à hauts débits.Les expériences ainsi conduites viseront les trois grands types de produits et de publics. Il faut en effet, dès maintenent, concevoir des services répondant à la diversité des besoins et des situations.

Il s'agit tout d'abord de services expérimentaux pour l'éducation et la formation des jeunes et des adultes, en incluant des catégories spécifiques de population telles que les handicapés ou les personnes isolées en zones rurales, les télétravailleurs, les travailleurs migrants, etc. Ces travaux de recherche seront validés dans les différents lieux d'utilisation que sont les écoles (primaires et secondaires), les universités, les centres de formation professionnelle ou de formation en alternance, et la formation sur postes de travail en entreprises.

Il s'agit ensuite de services expérimentaux pour les individus, que ces services soient accessibles à domicile ou via des bibliothèques publiques ou d'autres centres de ressources pour la formation.

Il s'agit enfin de services expérimentaux destinés à la formation des enseignants et des formateurs, (formation initiale et continue) et les formations aux métiers du multimédia.Les recherches déjà envisagées dans le cadre des programmes communautaires seront élargies pour prendre en compte également le développement de contenus et de services multimédias d'éducation et de formation, à savoir:

III. L'école de la deuxième chance

J'en viens à un sujet qui n'est pas sans rapport avec le précédent: l'école de la deuxième chance.

1) Le contexte

Tous les pays de l'Union européenne se trouvent confrontés au problème de l'échec scolaire, alors même que le niveau des connaissances initiales devient toujours plus déterminant pour l'entrée dans la vie active et la position dans les relations sociales.

En corollaire, la question du chômage des jeunes est devenue de plus en plus préoccupante ces dernières années. Plus d'un jeune actif européen sur cinq est au chômage et le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que celui des plus de 25 ans. Le chômage des jeunes s'étend en nombre, mais aussi dans la durée: 43% des moins de 25 ans sont inscrits au chômage depuis plus d'un an.

On voit ainsi se creuser la coupure entre ceux qui ont un bagage éducatif solide et ceux qui ont connu l'échec scolaire. Non seulement la part des jeunes sans qualification reste élevée, mais encore les conséquences de cette absence de qualification deviennent de plus en plus graves et transforment un nombre croissant de jeunes en inadaptés ou en marginaux, parfois de manière irréversible.

A l'évidence, il faut réagir et endiguer ce processus de marginalisation dont le coût social est très lourd.

Beaucoup a été fait à l'intérieur du système éducatif, dans le domaine de l'école obligatoire, de cette école que l'on pourrait qualifier d'école de la première chance.

Malgré les efforts indéniables déjà réalisés, un constat s'impose: personne ne peut prétendre avoir réussi. Il faut donc tenter autre chose. C'est pourquoi j'ai proposé à la Commission, qui l'a accepté, d'encourager la réalisation de six ou sept écoles de la deuxième chance en Europe, à titre expérimental, conformément au mandat de la Commission qui est de compléter et d'appuyer les actions nationales dans le respect de la responsabilité des Etats membres sur le contenu et l'organisation du système éducatif et de formation professionnelle.

En France, le maire de Marseille, Monsieur Jean-Claude GAUDIN, a été tout de suite intéressé par cette idée et a décidé de réaliser une école de la deuxième chance à destination des jeunes des quartiers Nord de sa ville, un secteur qui connaît de graves problèmes d'emploi et de formation. La première école de la deuxième chance se fera donc à Marseille, et sera appuyée par l'Union européenne.

2) Les principes

Cette action expérimentale est ambitieuse parce qu'elle veut être exemplaire et démontrer que tout jeune a des qualités sur lesquelles il faut parier. Pour que la démonstration soit convaincante, ces écoles s'adresseront aux jeunes qui sont considérés comme à priori les plus difficiles : ceux de 16 à 25 ans sortis de la scolarité obligatoire sans diplômes, qui sont demanduers d'emploi ou placés dans divers dispositifs d'accueil. Je rappelle qu'en France environ 100.000 jeunes sortent du système éducatif sans diplôme chaque année.

L'école de la deuxième chance fonctionnera selon les principes suivants :

Qu'il s'agisse des jeunes ou des adultes, nous nous trouvons face à un véritable gâchis humain, dont le prix à payer est de plus en plus lourd. Ce prix n'est pas seulement économique, ou social.

Ce sont nos démocraties mêmes qui s'en trouvent affaiblies, parce que leur cohésion est mise en cause. Eduquer, former, apprendre à apprendre, c'est non seulement armer pour l'emploi, c'est aussi, et autant, permettre à chacun d'accéder pleinement à la citoyenneté.


[Key Speeches of Commissionner Edith Cresson ]